Des croûtes et des crêpes place Guérin

•mai 23, 2009 • Laisser un commentaire

IMG_1748La crêpe est-elle un mets en voie de disparition sur les terrasses de la place Guérin ? On le peut le penser car hier, M. Billig et sa Billig Mobile, qui accourent « partout où la crêpe est en danger », ont atterri au beau milieu des toiles de la Foire aux Croûtes.

Pour la vingtième édition de ce salon de peintures sans complexes, 200 exposants présentaient leurs oeuvres place Guérin hier. Attirés par le soleil, les visiteurs étaient nombreux sur les terrasses et dans les allées. La Foire a gardé son esprit, expositions, spectacles, jeux… Avec ce petit plus pour la « vingtième » : une exposition dans la cour de l’école attenante, avec créations plastiques et photos des éditions passées.

La plus petite crêperie du monde

Mais tout à coup, alors que des enfants signifient au jonglage et jeux d’adresse, que Gaëlle, Stéphanie et Denis, trois exposants, sont absorbés dans une folle partie de Scrabble devant leur stand, « l’engin terrestre à propulsion pédestre » de M. Billig pose les roues sur une piste d’atterrissage de graviers, face à la buvette.

Là, sous un soleil au zénith, le pilote de la « plus petite crêperie du monde » désigne un nouveau « chevalier de la crêpe ronde » pour l’épauler dans sa mission de sauvetage.

Le chevalier est une femme : Jaja. « Quel joli nom pour un chevalier ! », se réjouit-il. Elle fait maintenant partie de la centaine de petits soldats de la crêpe désignés par M. Billig. Émotion après la cérémonie mais très vite Jaja prend ses fonctions en main et attaque la propagande : « La crêpe au beurre, y’a rien de meilleur ! », devise-t-elle.

Pour marquer l’événement une poignée de sympathisants et autres gourmands se lancent dans une manifestation spontanée autour de la Billig Mobile, brandissant des pancartes et scandant leur slogan : « Non au hamburger, oui à la crêpe au beurre ! » Au coeur de la manifestation le crêpier aux cheveux gris brandit une motte de beurre à bout de bras. « Maintenant, qu’il pleuve tout l’après-midi, mais qu’il pleuve de la pâte à crêpes ! », exulte-il, toujours à l’oeuvre. « En ville je suis limité à 50 crêpes à l’heure, explique-t-il, mais sur l’autoroute je peux en faire jusqu’à 130 ! ».

Il va falloir tenir la distance pour nourrir les milliers de bouches qui visiteront la foire ce week-end.

Article paru dans Ouest France le 22 mai 2009IMG_1745

Ludovic, menuisier bénévole au Pays du sourire

•avril 30, 2009 • Laisser un commentaire

p1000882Originaire de Brest, Ludovic (à droite sur la photo), compagnon du devoir, a fait le tour de France dans le cadre de sa formation, passant par Chinon, Nantes, le Tarn… « Piqué au voyage », il a passé un an à Tahiti il y a deux ans. Prochaine destination que le menuisier de 23 ans souhaite épingler à la liste de ses voyages : Madagascar. Mais, en janvier, l’instabilité politique amène Ludovic à réviser son plan de vol. Finalement, en juin prochain, ce sera destination Cambodge pour un an de bénévolat.
Théorie. Il part avec un compagnon Alsacien, Étienne (à gauche), dans l’unique école de menuiserie cambodgienne, où il sera formateur. L’école, créée il y a un an par l’association « Les enfants du sourire khmer » et située à une quarantaine de kilomètres au sud de Phnom Penh, en est à ses balbutiements. La première promotion d’élèves compte 15 élèves issus d’orphelinats, qui ont travaillé cette année sur un cas pratique d’ampleur : la construction de leurs locaux. Résultat beaucoup de pratique mais pas de cours théoriques et seuls trois élèves se révèlent être de bons menuisiers. Ce trio enseignera les ficelles du métier aux trente élèves de la deuxième promotion, qui fera sa rentrée en octobre prochain. Ludovic formera les trois enseignants, et les soutiendra pendant l’année. Après sept ans chez les compagnons, le jeune brestois connaît les rudiments de l’enseignement et pioche des conseils pédagogique auprès de ses formateurs. Il espère également travailler sur son projet de pompe à eau éolienne au Cambodge. Un système qu’il a développé et sur lequel il espère poser une licence. « Pour partager le système et le protéger de ceux qui souhaiteraient l’utiliser à but lucratif », explique celui à qui certains « reprochent de ne pas courir après l’argent ».
Garder le sourire. Le grand défi sera probablement que les échanges, bien que les élèves aient des cours d’anglais de français, se feront en khmer, langue que Ludovic étudie depuis le début de l’année. Être catapulté dans un pays où plus d’un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté sera un choc pour le jeune qui cherche à « se détacher de la vie matérielle et du superflu ». François, son cousin de 24 ans, a visité deux fois le Cambodge, l’un des pays qui compte le plus d’ONG au kilomètre carré. S’il avait un conseil à donner à son petit-cousin, ce serait de « garder le sourire même si la vie n’est pas toujours facile sur place ». Un avis judicieux pour un voyage au « Pays du Sourire ».

Article paru dans Ouest France le 30 avril 2009

Citécréation. Ravalement de façades Rive-Droite

•avril 30, 2009 • Laisser un commentaire

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Le projet de grandes fresques murales sera bientôt dévoilé. Mais le chantier, confié aux muralistes lyonnais de Citécréation, prendra plusieurs années. Objectif : redynamiser le quartier des Quatre-Moulins.

En 1996, les muralistes lyonnais de Citécréation posaient leurs pots de peinture à Brest. Pour redonner des couleurs aux murs de la Capitainerie. Plus de dix ans plus tard, BMO refait appel à la Société coopérative de production (Scop) lyonnaise pour « dynamiser et revaloriser le quartier des Quatre-Moulins », explique Halim Bensaïd, gérant de Citécréation.

Les muralistes présenteront, le 7 mai, les maquettes des dix murs peints du quartier. Avec un rythme de création de deux fresques par an, peintes par des artistes locaux, le projet de requalification du quartier s’étalera sur cinq ans. Les premiers coups de pinceaux du parcours qu’Halim Bensaïd espère voir devenir « l’un des premiers circuits touristiques de Brest », sont prévus pour juin.

800 m2 de trompe-l’oeil. De Lyon à Shanghai en passant par Jérusalem, les fresques de Citécréation sont devenues des attractions incontournables. Au pied de la « Fresque des Lyonnais », à deux pas de la Saône, un guide entouré de Canadiens confirme. « Le parcours des fresques est l’un des principaux attraits touristiques de Lyon. »

Pour preuve, les cars de touristes s’enchaînent et les cafés ont fleuri face à l’ex-mur aveugle de 800 m² devenu trompe-l’oeil. Saint-Exupéry y côtoie l’Abbé Pierre, Paul Bocuse et 27 autres personnalités lyonnaises. « À Brest, les murs peints ne feront que trois étages. Mais étant donné l’architecture, l’impact visuel sera le même », assure le muraliste, diplômé des Beaux-Arts.

« Les murs peints, c’est l’art accessible à tous. Un outil de communication entre les générations qui regardent leur histoire sur leurs murs », lâche Halim Bensaïd.

Au même moment, une classe étudie la fresque près du banc où se repose un retraité.

L’identité de la rive droite. Pour préparer les maquettes brestoises, une équipe de Citécréation a flâné dans la ville, s’est imprégnée de l’atmosphère, a rencontré des bibliothécaires et archivistes. Les muralistes ont ensuite mis en image les informations et sensations glanées au détour des rues. Résultat, les murs peints des Quatre-Moulins dépeindront l’identité de la rive droite : la navigation, les explorateurs, l’arsenal, la botanique…

« À Brest, l’histoire est intimement liée à la mer. Elle a pénétré toutes les maisons, note Halim Bensaïd. Si Brest devait se rapprocher d’une autre des villes où nous avons travaillé, ce serait Québec, où tout arrive par le Saint-Laurent. Mais chaque ville a son unicité et ses particularités ».

Article paru dans Ouest France le 29 avril 2009

Doujañ, couches lavables pour bébé bio

•avril 24, 2009 • Un commentaire

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Zaïg et Milo ont deux ans et un an et demi. D’une poignée de kilos à la naissance, ils auraient pu peser plusieurs centaines de kilos de couches jetées d’ici à la propreté. « Une tonne de déchets non-renouvelables pour un enfant », estime Clémentine, 24 ans. La jeune maman de Zaïg et sa sœur, Rose-Anne, ne veulent pas que les cousin-cousine entrent dans la vie avec une empreinte écologique déjà bien creusée. Pendant leurs grossesses, Clémentine, costumière de formation, est au chômage, et Rose-Anne est en congé parental suite à la naissance de Romain, qui soufflera bientôt sa cinquième bougie. Elles sont disponibles pour réfléchir aux couches-culottes de leur progéniture.

« Par conviction écologique, nous ne voulions pas utiliser de couches jetables, explique Rose-Anne, en plus, d’après nos calculs, utiliser des couches lavables revenait à cinq fois moins cher ». Clémentine pose ses machines à coudre à Plouégat-Guérand et planche pour concevoir les couches culottes des bouts de choux. Le résultat est un assemblage de trois éléments : une culotte imperméable, une couche à pression et une doublure. Leurs couches maison enfilées, Zaïg et Milo friment auprès des enfants des copines. La tendance fait des ravages et très vite les bébés du quartier sont mis à la mode écolo, car les couches sont fabriquées en coton bio, importé de Turquie.

L’affaire marche et les sœurs créent Doujañ (respecter en Breton) en août 2008 sous forme de Scop, société coopérative de production grâce aux coups de pouce d’une Cigale (club d’investisseurs pour la gestion alternative et locale de l’épargne solidaire) et de Garrigue, société à capital-risque solidaire, qui leur a permis d’emprunter 50 000 €. Clémentine devient gérante et s’occupe de la fabrication, alors que Rose-Anne se charge de commercialisation. Une affaire de famille, puisque c’est Luc, le frère des entrepreneuses, qui développe le site Internet. Clémentine a embauché une couturière en janvier. Les couches Doujañ sont distribuées dans des magasins bio ou vendues sur Internet. Il faut compter plus de 300 € pour un équipement complet, avec trois surcouches étanches, les couches à pression, les lingettes en coton bio… Un investissement à la naissance amortit sur le long terme, d’autant qu’elles peuvent resservir aux futurs petits frères et petites sœurs. Une rubrique de revente de couches d’occasion est même envisagée.

Article paru dans Ouest France le 23 avril

La consom’action « Aux goûts du jour »

•avril 18, 2009 • Laisser un commentaire

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Emmeline Verriest et Thomas Domalain sont ingénieurs dans l’agroalimentaire. Avec cette formation ils auraient pu inventer la chips à la fraise ou le kouign amann diététique. C’était sans compter sur leur conscience écologique. À peine sortis des études, ils créent l’association « Aux goûts du jour ».

« Avec une formation dans l’agroalimentaire, on devient le référent alimentaire de ses proches, explique Emmeline. Les gens s’interrogent, se demandent ce qu’il y a dans leur assiette. » L’association d’éducation à l’alimentation et à la consommation responsable est née de ce constat en 2006, à l’initiative d’une poignée de jeunes diplômés.

Panier malin, panier gâchis. De la maternelle à la maison de retraite, Emeline et Thomas trouvent des oreilles soucieuses de l’impact de l’alimentation sur la santé, le porte-monnaie, le producteur et l’environnement, de la production à l’après poubelle. Un an plus tard, ils deviennent les co-directeurs de l’association. L’un des outils présentés dans les hôpitaux, écoles ou restaurant collectifs : les paniers « malin » et « gâchis ». Deux paniers remplis de produits de base, de même marque et même quantité. L’un des paniers contient des produits en gros, l’autre en plusieurs paquets. Conséquence, le deuxième panier coûte 17 € de plus que le premier…

De plus en plus sollicitée. Les ateliers mettent le public face à ces évidences pour montrer que consommer mieux ne coûte pas forcément plus cher. « L’aspect économique est un argument clé. Notre pire ennemi, c’est le côté pratique », analyse Emmeline. La boîte à goûter demande en effet plus d’organisation que le sachet individuel. Selon la jeune femme les mentalités changent, « la génération qui arrive est beaucoup plus sensible à l’environnement ». « Aux goûts du jour » est de plus en plus sollicitée et ses six intervenants abordent les questions de l’éco habitat, de la consommation responsable et des loisirs verts. Son public s’élargit aussi, avec le projet d’organiser un forum pour les élus et agents de collectivités. Le carnet de rendez-vous déborde. Tellement qu’un troisième poste est en cours de création.

Article paru dans Ouest France le 16 avril

Jean-Baptiste en route pour le permis

•avril 13, 2009 • Laisser un commentaire

img_1259Article paru dans Ouest France le 9 avril 2009

Vendredi dernier, Jean-Baptiste, 25 ans, arrive à l’auto-école. Il papote avec la secrétaire à l’accueil et plaisante avec Alan Costiou, le responsable pédagogique. Manifestement, le candidat au permis est connu comme le loup blanc à l’auto-école Feu Vert. Et pour cause, cela fait plus de deux ans qu’il y est inscrit. Un peu long ? Pas forcément, quand on sait qu’à six ans, Jean-Baptiste a été victime d’un traumatisme crânien.
Auto-école d’insertion. Il a été orienté vers Feu Vert, l’auto-école d’insertion de Don Bosco, pour passer le permis. Inscription en 2007, « je n’ai pas pu le passer avant faute de moyens », précise Jean-Baptiste, « après avoir touché un héritage j’ai enfin pu m’inscrire ». Le jeune brestois a besoin du papier rose pour trouver un emploi. « Je travaille dans le bâtiment, il faut donc que j’aie une voiture. Et même quand j’ai postulé en Intérim, on me demandait le permis », se souvient-il. Un an après son inscription, Jean-Baptiste passe le code et le décroche, en février 2008. Il attaque les leçons de conduite dans la foulée, avec une courte interruption à la suite d’un problème au genou.
Il en est à une quarantaine d’heures au compteur et, d’après son responsable pédagogique, ça roule plutôt bien. « En voiture c’est le regard qui est le plus difficile à gérer », explique Jean-Baptiste, « mais le moniteur prend le temps de le corriger et ça va mieux ».

Pas de régime de faveur. La demande de passage à l’examen du permis a été lancée il y a deux mois, alors qu’un élève à Feu Vert prend en général une cinquantaine d’heures de conduite avant de se jeter à l’eau. Il va falloir être patient car le délai d’attente pour avoir une place à l’examen est de huit à douze mois depuis que, suite à la réforme du permis, l’examen ne dure plus 20 mais 35 minutes. « Ne pas avoir le permis la première fois, ce n’est pas grave, mais le fait qu’il n’y ait pas de place derrière pour le repasser met une pression énorme », s’inquiète Michel Roger, directeur de Feu Vert. Le jeune élève, qui ne cache pas carburer au café, va devoir faire preuve de beaucoup de calme devant l’examinateur, qui ne sera pas plus indulgent que face à un autre candidat.

Le catch, petits combats entre amis

•avril 6, 2009 • 2 commentaires

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Article paru dans Ouest France le 2 avril

Il n’y a qu’une salle allumée au Patronage Laïque de Recouvrance le mardi soir. Plus que la lumière, c’est le bruit qui s’en dégage qui intrigue. Des cris, des chocs, des ressorts qui appellent au secours. Et des rires. Moins de dix gaillards sont à l’origine ce barouf. Ces jeunes de 15 à 23 ans n’ont pas choisi l’activité la plus paisible. Leur truc, c’est le catch.

Ring de fortune. Il y a quatre ou cinq ans une bande de copains est montée sur le ring à Ploudalmezeau avant de construire un ring à Recouvrance. Des pneus dégottés à la casse, quelques planches… Et les catcheurs ont leur terrain de jeu. « On ne pouvait plus s’améliorer sur ce ring » se souvient Vincent, 21 ans, président de la section catch. Le Patronage finance un nouveau ring. « Le Patronage est content d’avoir des jeunes, alors il nous soutient », commente Vincent, alias « Dalaï d’Hawaï ». Entre l’achat aux Etats-Unis, les frais de port et les taxes le ring aura coûté environ 4 000 €. Il est mis à rude épreuve sous l’agitation des catcheurs.

img_1239L’illusion de la douleur. L’entraînement est acrobatique : sauter les uns par-dessus les autres, se jeter dans les cordes, porter l’adversaire à bout de bras pour mieux l’écraser sur le tapis. « À l’entraînement nous apprenons à maîtriser les gestes », précise Vincent. « Le but est que lors des matchs le public ait l’impression que les catcheurs se font mal, mais en réalité une bonne prise, c’est une prise où l’adversaire n’a pas mal ». L’illusion de la douleur est pourtant bluffante entre les chocs sur le tapis et les rougeurs dans le dos des joueurs. Un entretien plus approfondit avec les cervicales des catcheurs serait probablement intéressant pour plus d’information. Vincent insiste, « la confiance entre les catcheurs est fondamentale. On met notre vie dans les mains de l’autre, il faut toujours faire attention à l’autre ».

Interaction. Le catch c’est un peu du théâtre. Les concurrents ont leurs personnages et la trame du match est écrite à l’avance. Les catcheurs provoquent, communiquent avec un public qui prend parti pour l’un ou l’autre des personnages. « Plus les gens sont impliqués mieux ça marche explique Vincent, contrairement à d’autres sports de combat on ne donne pas de vrais coups au catch et il y a une interaction avec le public ». La mayonnaise a pris à la première représentation de catcheurs de Rcouvrance. Environ 300 personnes ont vibré pour Kamikaze Boy, Voltage et l’homme volant.